📌Contexte & Problématique
Après œsophagectomie pour cancer, l'estomac est l'organe de choix pour la reconstruction. Les sténoses et fistules anastomotiques restent un problème clinique majeur. Des études antérieures ont tenté de définir le site et la technique d'anastomose optimaux, mais les complications persistent.
🧪Méthodologie
Étude prospective randomisée comparant l'anastomose latéro-terminale (ETS) et bout à bout (ETE) au niveau cervical, réalisées à la main en une seule couche, après œsophagectomie et reconstruction par tube gastrique pour cancer. 128 patients ont été randomisés (64 par groupe). Le critère d'évaluation principal était la sténose anastomotique bénigne nécessitant une dilatation dans l'année. Les critères secondaires incluaient le taux de fistule anastomotique et la mortalité.
📊Résultats Clés
Parmi les 128 patients, la sténose nécessitant une dilatation après 1 an était plus fréquente dans le groupe ETE (40% vs ETS 18%, P < 0,01). Le taux global de fistule anastomotique (clinique et radiologique) était plus faible dans le groupe ETE (22% vs ETS 41%, P = 0,04). Les patients du groupe ETE souffraient moins souvent de pneumonie (17% vs ETS 44%, P = 0,002) et avaient une durée d'hospitalisation significativement plus courte (15 jours vs 22 jours, P = 0,02). La mortalité intrahospitalière ne différait pas.
🩺Impact Clinique
L'anastomose latéro-terminale (ETS) est associée à un taux de sténose anastomotique plus faible que l'anastomose bout à bout (ETE). Cependant, la prévention de la sténose par ETS a un coût élevé, avec une augmentation des fistules anastomotiques et une durée d'hospitalisation plus longue. Le choix de la technique implique un compromis entre la réduction des sténoses et l'augmentation des fistules/autres complications.