📌Contexte & Problématique
Le syndrome de Lynch est associé à un risque accru de cancer colorectal et d'un spectre plus large de cancers, notamment le cancer de l'endomètre. Une étude antérieure (CAPP2) avait rapporté des résultats à long terme sur le cancer avec un suivi moyen de 55,7 mois chez des participants atteints du syndrome de Lynch recevant de l'aspirine ou un placebo. Ce rapport complète le suivi planifié sur 10 ans et inclut des données de registre jusqu'à 20 ans pour évaluer l'effet à plus long terme de la prise régulière d'aspirine dans cette population à haut risque.
🧪Méthodologie
L'étude CAPP2 est un essai contrôlé randomisé en double aveugle versus placebo. 861 patients atteints du syndrome de Lynch provenant de 43 centres internationaux ont été randomisés pour recevoir soit 600 mg d'aspirine par jour, soit un placebo. Les résultats sur le cancer ont été surveillés pendant au moins 10 ans après le recrutement, avec un suivi jusqu'à 20 ans pour certains participants (Royaume-Uni, Finlande, Pays de Galles). Le critère principal était le développement d'un cancer colorectal. Les analyses ont été réalisées en intention de traiter et per protocole.
📊Résultats Clés
Après un suivi moyen de 10 ans (environ 8500 personnes-années), 40 participants sur 427 dans le groupe aspirine ont développé un cancer colorectal, contre 58 sur 434 dans le groupe placebo. L'analyse en intention de traiter a montré une réduction significative du risque de cancer colorectal avec l'aspirine (Hazard Ratio 0,65 ; IC 95% 0,43-0,97 ; p=0,035). L'analyse per protocole a également montré une réduction significative (HR 0,56 ; IC 95% 0,34-0,91 ; p=0,019). Aucun effet significatif de l'aspirine n'a été observé sur les cancers du syndrome de Lynch non colorectaux pris individuellement. L'analyse per protocole pour tous les cancers du syndrome de Lynch combinés a montré un risque global significativement réduit dans le groupe aspirine (HR=0,63 ; IC 95% 0,43-0,92 ; p=0,018). Les événements indésirables et l'observance pendant la phase d'intervention étaient similaires entre les groupes.
🩺Impact Clinique
Ces résultats à long terme renforcent l'argument en faveur de la prévention du cancer colorectal par l'aspirine chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch. Cela suggère un bénéfice clinique potentiel important de la prise régulière d'aspirine pour réduire le risque de cancer dans cette population à haut risque génétique.