📌Contexte & Problématique

La maladie respiratoire exacerbée par les AINS (N-ERD) est une hypersensibilité aux AINS (comme l'aspirine ou l'ibuprofène) s'accompagnant de rhinosinusite chronique (avec ou sans polypes nasaux) ou d'asthme. La première ligne de traitement est l'évitement des AINS. Une autre option est le traitement par aspirine après désensibilisation (ATAD). Une revue Cochrane à jour est nécessaire pour évaluer les effets de cette thérapie.

🧪Méthodologie

Revue systématique Cochrane évaluant des essais contrôlés randomisés comparant l'ATAD par voie orale ou intranasale au placebo chez des adultes atteints de N-ERD (intolérance aux AINS établie, rhinosinusite chronique ou asthme, ou les deux). Les participants devaient être suivis pendant au moins trois mois. Les études incluses comparaient l'ATAD orale à différentes doses au placebo, menées dans des centres de soins tertiaires, avec des participants atteints de rhinosinusite chronique avec polypes nasaux, et majoritairement atteints d'asthme.

📊Résultats Clés

Cinq études (211 participants, 146 analysés) ont été incluses. À 6 mois, l'ATAD pourrait améliorer la qualité de vie liée à la santé (scores SNOT), mais la certitude des preuves est faible. L'effet sur le contrôle de l'asthme (ACT, ACQ) est incertain en raison de la très faible certitude des preuves et de l'impossibilité de combiner les données. Des troubles gastro-intestinaux ont été rapportés comme événements indésirables (très faible certitude). L'effet sur le débit inspiratoire nasal maximal, l'utilisation de corticoïdes inhalés ou intranasaux, et les scores de symptômes nasaux et bronchiques est incertain. À 36 mois (une seule étude), l'ATAD pourrait améliorer la qualité de vie (score RSDI, faible certitude), mais n'a montré que peu ou pas de différence sur la taille des polypes nasaux (très faible certitude). Aucun événement indésirable n'a été rapporté à 36 mois dans cette étude.

🩺Impact Clinique

L'ATAD pourrait améliorer la qualité de vie liée à la santé à 6 mois pour les personnes atteintes de N-ERD. Cependant, les preuves concernant le contrôle de l'asthme, les événements indésirables, les mesures objectives des voies respiratoires, l'utilisation de médicaments et les exacerbations sont non concluantes à court et à long terme en raison de la très faible certitude des preuves et de la difficulté d'interprétation (co-médications). De futures recherches avec un suivi plus long, des caractéristiques de base détaillées et un rapport sur l'observance et les exacerbations sont nécessaires.