📌Contexte & Problématique
Le cancer de la thyroïde différencié post-thyroïdectomie nécessite souvent une ablation par iode radioactif. Des essais antérieurs (HiLo, ESTIMABL1) ont montré des taux de succès d'ablation similaires à court terme (6-9 mois) entre une faible dose (1,1 GBq) et une forte dose standard (3,7 GBq) d'iode radioactif. Cette étude visait à comparer les taux de récidive à long terme entre ces doses dans le cadre de l'essai HiLo.
🧪Méthodologie
Essai contrôlé randomisé (1:1:1:1), en ouvert, de non-infériorité, réalisé dans 29 centres au Royaume-Uni. Patients éligibles : 16-80 ans, cancer de la thyroïde différencié confirmé histologiquement, nécessitant une ablation par iode radioactif, après thyroïdectomie totale (stade T1-T3, N possible, M0, sans résidu macroscopique). Randomisation en 4 groupes (1,1 GBq vs 3,7 GBq d'iode radioactif, chacun avec préparation par rhTSH ou sevrage hormonal thyroïdien). Suivi annuel. La récidive, critère secondaire prédéfini, a été diagnostiquée localement selon les standards nationaux et analysée par courbes de Kaplan-Meier et rapports de risque (HR).
📊Résultats Clés
438 patients randomisés. Suivi médian de 6,5 ans (sur 434 patients évaluables). 21 récidives confirmées (11 dans le groupe faible dose, 10 dans le groupe forte dose), dont 4 étaient considérées comme une maladie persistante. Les taux de récidive cumulés étaient similaires entre les groupes faible et forte dose d'iode radioactif (3 ans : 1,5 % vs 2,1 % ; 5 ans : 2,1 % vs 2,7 % ; 7 ans : 5,9 % vs 7,3 % ; HR 1,10 [IC 95 % 0,47-2,59] ; p=0,83). Aucune différence significative du risque n'a été observée pour les stades T3 ou N1. Les taux de récidive étaient également similaires entre les patients préparés par rhTSH et ceux par sevrage hormonal (3 ans : 1,5 % vs 2,1 % ; 5 ans : 2,1 % vs 2,7 % ; 7 ans : 8,3 % vs 5,0 % ; HR 1,62 [IC 95 % 0,67-3,91] ; p=0,28). Les données sur les événements indésirables n'ont pas été recueillies durant le suivi.
🩺Impact Clinique
Le taux de récidive après ablation par iode radioactif à faible dose (1,1 GBq) n'est pas supérieur à celui de la forte dose (3,7 GBq) pour le cancer de la thyroïde différencié à faible risque, ce qui confirme les données d'études observationnelles récentes. Ces résultats apportent des preuves supplémentaires en faveur de l'utilisation de la faible dose d'iode radioactif. L'étude indique également que le risque de récidive n'est pas affecté par l'utilisation de la rhTSH pour la préparation.