📌Contexte & Problématique
Cette étude visait à évaluer le traitement néonatal et le pronostic des nouveau-nés avec un diagnostic d'atrésie de l'œsophage (AO) soit prénatal soit postnatal, et à analyser l'impact du diagnostic prénatal sur le pronostic en fonction du type d'AO.
🧪Méthodologie
Étude populationnelle basée sur les données du Registre National Français des nourrissons nés avec une AO entre 2008 et 2010. Les caractéristiques prénatales, maternelles et néonatales ont été comparées entre les enfants avec diagnostic prénatal vs postnatal et pour les types d'AO I et III. Une variable composite de morbidité (fuites anastomotiques, fistules récurrentes, sténoses) et de décès à 1 an a été définie.
📊Résultats Clés
Sur 469 naissances vivantes avec AO, le taux de diagnostic prénatal était de 24,3%. Le type I d'AO était plus souvent diagnostiqué en prénatal (82,2%) que le type III (17,9%) (P < 0,001). Les transferts après la naissance étaient moins fréquents en cas de diagnostic prénatal (25,6% vs 82,5% ; P < 0,001). Le délai entre la naissance et la première intervention ne différait pas significativement. La taille du défect était plus longue dans le groupe diagnostic prénatal (2,61 vs 1,48 cm ; P < 0,001). Les événements de la variable composite (morbidité/décès) étaient plus élevés dans le sous-ensemble diagnostic prénatal (44% vs 27,6% ; P = 0,003) et dans le type I d'AO (58,1% vs 28,3% ; P < 0,001).
🩺Impact Clinique
Malgré un excellent taux de survie pour l'atrésie de l'œsophage, les cas détectés en anténatal présentent un taux de morbidité plus élevé lié au type d'AO (type I et/ou long défect). Bien que le diagnostic prénatal ne modifie pas le traitement néonatal immédiat ni le pronostic à 1 an, il permet un conseil parental anténatal et évite les transferts postnataux inutiles.