📌Contexte & Problématique
La délinquance sexuelle est un problème social grave et un enjeu de santé publique. Cet abstract résume une revue des traitements biologiques pour les délinquants sexuels, incluant les médicaments antilibidinaux (hormonaux et non hormonaux).
🧪Méthodologie
Revue systématique de 7 essais contrôlés prospectifs (publiés il y a plus de 20 ans) évaluant des médicaments antilibidinaux pour prévenir les délits sexuels. La population étudiée incluait 138 participants (dont 123 avec données disponibles), principalement des personnes condamnées pour délits sexuels. Les études évaluaient des suppresseurs de testostérone (acétate de cyprotérone, éthinyloestradiol, acétate de médroxyprogestérone) et des antipsychotiques. Cinq essais étaient contrôlés contre placebo, deux utilisaient la médication comme traitement d'appoint. La méta-analyse n'a pas été possible en raison de l'hétérogénéité. La qualité globale des preuves était jugée faible en raison de problèmes méthodologiques (risque de biais élevé, taux d'abandon) et de l'ancienneté des études.
📊Résultats Clés
Le critère de jugement principal était la récidive, rapportée formellement dans deux études : une étude (acétate de médroxyprogestérone intramusculaire + désensibilisation imaginale) a rapporté 0% de récidive dans le groupe intervention (n=10) contre 1 récidive dans le groupe thérapie seule (n=10) à 2 ans ; une autre étude (acétate de médroxyprogestérone oral seul ou combiné + traitement psychologique) a rapporté 20% de récidive dans le groupe combiné (n=15) contre 50% dans le groupe psychologique seul (n=12), avec un taux d'abandon de 100% dans le groupe médication seule (n=5). Les études ne mesurant pas la récidive directement ont rapporté une possible réduction de la fréquence des fantasmes sexuels déviants par les suppresseurs de testostérone, mais pas de la déviance elle-même. Les événements indésirables rapportés incluent une prise de poids significative (avec acétate de médroxyprogestérone oral et acétate de cyprotérone), des effets secondaires non spécifiés conduisant à l'arrêt (acétate de médroxyprogestérone intramusculaire), une augmentation de la dépression et de la salivation excessive (acétate de médroxyprogestérone oral), et des effets secondaires sévères (troubles extrapyramidaux, somnolence) avec les antipsychotiques. Aucun décès ou tentative de suicide n'a été rapporté.
🩺Impact Clinique
Seules 7 petites études anciennes ont été trouvées, avec une qualité de preuve faible. Il n'est pas possible de tirer de conclusions fermes sur l'efficacité des interventions pharmacologiques pour réduire la délinquance sexuelle. La tolérance des médicaments, même des suppresseurs de testostérone, est incertaine en raison de la petite taille et de la courte durée des études. Aucune étude sur les médicaments plus récents n'a été identifiée. Des recherches supplémentaires sont nécessaires (essais plus larges, plus longs, évaluant les médicaments plus récents, avec stratification par type de délinquant) pour démontrer l'efficacité et la tolérance, particulièrement au vu des traitements parfois rendus obligatoires par la justice.