📌Contexte & Problématique

Le kératocône est une maladie ectatique de la cornée nécessitant une greffe cornéenne chez environ 10 à 15 % des patients. La transplantation peut être transfixiante (pleine épaisseur) ou lamellaire (épaisseur partielle), comme la kératoplastie lamellaire antérieure profonde (KLAP).

🧪Méthodologie

Revue systématique d'essais contrôlés randomisés (ECR) comparant les résultats de la KLAP et de la kératoplastie transfixiante pour le traitement du kératocône. La recherche a été effectuée dans des bases de données électroniques et des actes de conférences sans restriction de date ou de langue. Deux auteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données indépendamment. Deux ECR réalisés en Iran ont été inclus (n=30 et n=81). Les analyses ont utilisé des rapports de cotes (OR) pour les données dichotomiques et des différences moyennes (MD) pour les données continues. Des analyses de sensibilité ont été menées.

📊Résultats Clés

Aucune différence significative n'a été rapportée entre les groupes concernant l'acuité visuelle postopératoire (corrigée ou non corrigée), l'astigmatisme kératométrique ou l'équivalent sphérique. Un cas d'échec de greffe a été signalé dans le groupe kératoplastie transfixiante, aucun dans le groupe KLAP (bien que 4 procédures KLAP aient été abandonnées pour échec technique). Le rejet de greffe était moins fréquent dans le groupe KLAP (OR : 0,33, IC à 95 % : 0,14 à 0,81). L'analyse de sensibilité sur les taux d'échec n'était pas concluante en raison de l'imprécision. Des événements indésirables (astigmatisme postopératoire, hypertension oculaire induite par les stéroïdes, défauts épithéliaux persistants) sont survenus avec une fréquence similaire. La qualité globale des preuves était jugée très faible à modérée.

🩺Impact Clinique

Les données actuelles ne sont pas suffisantes pour déterminer la technique chirurgicale (KLAP vs kératoplastie transfixiante) offrant les meilleurs résultats globaux pour le traitement du kératocône. Des essais randomisés de plus grande envergure sont nécessaires pour comparer les deux techniques et évaluer les résultats visuels, la stabilité kératométrique, les risques de rejet ou d'échec, et les autres événements indésirables. Une certaine preuve suggère un risque de rejet plus faible avec la KLAP.