📌Contexte & Problématique
La chirurgie est une option de traitement courante pour le cancer de la cavité buccale (et moins fréquemment pour le cancer de l'oropharynx) afin de retirer la tumeur primaire et parfois les ganglions lymphatiques du cou. Les personnes atteintes d'une maladie à un stade précoce peuvent subir une chirurgie seule ou une chirurgie associée à une radiothérapie, une chimiothérapie, une immunothérapie/biothérapie, ou une combinaison de ces traitements. Le moment et l'étendue de la chirurgie varient. Ceci est la troisième mise à jour d'une revue initialement publiée en 2007.
🧪Méthodologie
Revue Cochrane basée sur des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant différentes modalités de traitement chirurgical, ou la chirurgie à d'autres modalités de traitement, pour les tumeurs primaires de la cavité buccale ou de l'oropharynx. La recherche a été effectuée jusqu'au 9 février 2022. Les principaux critères d'évaluation étaient la survie globale, la survie sans maladie, la récidive locorégionale et la récidive. Les données de survie ont été rapportées sous forme de hazard ratios (HR).
📊Résultats Clés
L'analyse de 15 essais (2820 participants randomisés) montre qu'une dissection cervicale élective (DCE) comparée à une dissection cervicale thérapeutique (différée) améliore probablement la survie globale (HR 0,64), la survie sans maladie (HR 0,56) et réduit la récidive locorégionale (HR 0,58) et la récidive (RR 0,58). La DCE est probablement associée à plus d'événements indésirables (RR 1,31). Une tomographie par émission de positons-tomodensitométrie (TEP-TDM) après chimioradiothérapie ne montre probablement pas de différence significative par rapport à une dissection cervicale planifiée en termes de survie globale ou de récidive locorégionale (HR 0,92 et HR 1,00 respectivement).
🩺Impact Clinique
Une dissection cervicale élective des ganglions lymphatiques du cou cliniquement négatifs au moment de l'ablation de la tumeur primaire de la cavité buccale est supérieure à une dissection cervicale thérapeutique, avec une augmentation de la survie et de la survie sans maladie, et une réduction de la récidive locorégionale. Il n'y a probablement pas de différence entre la tomographie par émission de positons-tomodensitométrie (TEP-TDM) après chimioradiothérapie et la dissection cervicale planifiée en termes de survie globale ou de récidive locorégionale. Les preuves pour les autres comparaisons sont de faible ou très faible certitude.