📌Contexte & Problématique

Les services de soins palliatifs spécialisés (SPS) répondent aux besoins des personnes atteintes de maladies avancées. Les méta-analyses antérieures ont été confrontées à l'hétérogénéité des modèles de services de SPS et des mesures de résultats, et n'ont pas permis de produire un effet global. Les meilleurs modèles de services sont inconnus. L'objectif est d'estimer l'effet global des SPS dans différents contextes sur la qualité de vie et le bien-être émotionnel, et d'identifier le modèle de prestation de services optimal.

🧪Méthodologie

Une revue systématique avec méta-analyse et méta-régression a été réalisée. Les bases de données (Cochrane, MEDLINE, CINAHL, ICTRP, clinicaltrials.gov) ont été consultées (du 1er janvier 2000 au 28 décembre 2023), complétées par des recherches manuelles supplémentaires (par exemple, des résumés de conférences). Deux chercheurs ont examiné indépendamment les études identifiées. Les essais contrôlés randomisés (ECR) testant une intervention de SPS par rapport aux soins habituels chez des adultes atteints d'une maladie limitant l'espérance de vie et incluant des résultats rapportés par le patient ou un tiers comme critères d'évaluation principaux ou secondaires ont été inclus. La méta-analyse a utilisé une méthodologie novatrice pour convertir les résultats en unités de différence minimale cliniquement importante (DMCI) et en nombre de sujets à traiter (NST). Le biais/la qualité a été évalué à l'aide de l'outil Cochrane Risk of Bias 2 et la certitude des preuves a été évaluée à l'aide de l'outil Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation (GRADE).

📊Résultats Clés

Sur 42 787 enregistrements, 39 ECR internationaux (n = 38 provenant de pays à revenu élevé et intermédiaire) ont été inclus. Pour la qualité de vie (33 essais) et le bien-être émotionnel (22 essais), un bénéfice statistiquement et cliniquement significatif a été observé à partir de 3 mois de suivi pour la qualité de vie, taille de l'effet de la différence moyenne standardisée (DMS en unités de DMCI) de 0,40 à 13 à 36 semaines, intervalle de confiance (IC) à 95 % [0,21, 0,59], p < 0,001, I2 = 60 %). Pour la qualité de vie à 13 à 36 semaines, 13 % du groupe d'intervention SPS ont connu un effet d'au moins 1 unité de changement DMCI (risque relatif (RR) = 1,13, IC à 95 % [1,06, 1,20], p < 0,001, I2 = 0 %). Pour le bien-être émotionnel, 16 % ont connu un effet d'au moins 1 unité de changement DMCI à 13 à 36 semaines (IC à 95 % [1,08, 1,24], p < 0,001, I2 = 0 %). Pour la qualité de vie, le NST s'est amélioré de 69 à 15 ; pour le bien-être émotionnel de 46 à 28, de 2 semaines et 3 mois, respectivement. Des tailles d'effet plus élevées ont été associées à des interventions multidisciplinaires et multicomposantes, dans tous les contextes.

🩺Impact Clinique

Les données fournissent des preuves claires d'une taille d'effet globale modérée pour les bénéfices des SPS sur la qualité de vie et le bien-être émotionnel, quelle que soit la condition sous-jacente, les modèles multidisciplinaires, multicomposantes et multi-contextes étant les plus efficaces. Les données remettent sérieusement en question la pratique actuelle de l'orientation vers les SPS à l'approche de la mort. La politique et la commande de services devraient favoriser une orientation fondée sur les besoins au moins 3 à 6 mois avant le décès comme norme de soins optimale.