📌Contexte & Problématique
Le syndrome respiratoire aigu sévère coronavirus 2 (SARS-CoV-2) est responsable de la COVID-19 et se propage par contact étroit entre les personnes. Cette étude vise à évaluer l'impact de la distanciation physique, du port de masques et de la protection oculaire sur la transmission du virus dans les environnements de soins et non-soins (par exemple, la communauté).
🧪Méthodologie
Une revue systématique et une méta-analyse ont été réalisées pour déterminer la distance optimale pour éviter la transmission interhumaine du virus et pour évaluer l'efficacité des masques et de la protection oculaire dans la prévention de la transmission virale. Les données proviennent de 21 sources spécifiques de l'OMS et de la COVID-19, couvrant la période allant de la création des bases de données jusqu'au 3 mai 2020, sans restriction de langue. L'étude inclut des études comparatives et des facteurs contextuels d'acceptabilité, de faisabilité, d'utilisation des ressources et d'équité. Les données ont été extraites en double et le risque de biais a été évalué. Des méta-analyses fréquentistes et bayésiennes ainsi que des méta-régressions à effets aléatoires ont été effectuées. La certitude des preuves a été évaluée selon les méthodes Cochrane et l'approche GRADE.
📊Résultats Clés
L'étude a identifié 172 études observationnelles dans 16 pays et sur six continents, sans essais contrôlés randomisés, et 44 études comparatives pertinentes dans les milieux de soins et non-soins (n=25 697 patients). La transmission virale était plus faible avec une distanciation physique d'au moins 1 mètre, par rapport à une distance inférieure à 1 mètre (n=10 736, odds ratio ajusté [aOR] combiné de 0,18, IC à 95 % de 0,09 à 0,38 ; différence de risque [RD] de -10,2 %, IC à 95 % de -11,5 à -7,5 ; certitude modérée). La protection augmentait avec l'augmentation de la distance (variation du risque relatif [RR] de 2,02 par mètre ; pinteraction=0,041 ; certitude modérée). L'utilisation de masques faciaux pourrait entraîner une réduction importante du risque d'infection (n=2647 ; aOR 0,15, IC à 95 % 0,07 à 0,34, RD -14,3 %, -15,9 à -10,7 ; faible certitude), avec des associations plus fortes avec les respirateurs N95 ou similaires par rapport aux masques chirurgicaux jetables ou similaires (par exemple, les masques en coton réutilisables à 12-16 couches ; pinteraction=0,090 ; probabilité postérieure >95 %, faible certitude). La protection oculaire était également associée à moins d'infections (n=3713 ; aOR 0,22, IC à 95 % 0,12 à 0,39, RD -10,6 %, IC à 95 % -12,5 à -7,7 ; faible certitude).
🩺Impact Clinique
Les résultats de cette revue systématique et méta-analyse soutiennent la distanciation physique d'au moins 1 mètre et fournissent des estimations quantitatives pour les modèles et le suivi des contacts afin d'éclairer les politiques. L'utilisation optimale des masques, des respirateurs et de la protection oculaire dans les lieux publics et les établissements de soins de santé devrait être éclairée par ces résultats et les facteurs contextuels. Des essais randomisés robustes sont nécessaires pour mieux étayer les preuves de ces interventions, mais cette évaluation systématique des meilleures preuves disponibles actuellement pourrait éclairer les orientations provisoires.