📌Contexte & Problématique

Le délire émergent est fréquent chez les enfants subissant une intervention chirurgicale sous anesthésie générale et est associé à des temps de récupération prolongés et à un risque accru de troubles du comportement postopératoires. La stimulation lumineuse à 40 Hz s'est avérée prometteuse pour la modulation cognitive, mais les preuves de son efficacité pour atténuer le délire émergent sont limitées.

🧪Méthodologie

Un essai clinique randomisé a été mené d'avril à août 2024 dans un centre tertiaire unique (Henan Provincial People's Hospital). Des enfants âgés de 3 à 14 ans, devant subir une résection élective d'une malformation vasculaire, ont été inclus. Les participants ont été randomisés 1:1 pour recevoir une stimulation lumineuse à 40 Hz via des lunettes de réalité virtuelle ou un placebo (lunettes identiques sans lumière) pendant 1 heure après l'induction anesthésique.

📊Résultats Clés

Quatre-vingt-dix-huit enfants ont été randomisés (49 par groupe). L'incidence du délire émergent, définie par un score de 10 ou plus sur la version chinoise de l'échelle Cornell Assessment of Pediatric Delirium (C-CAPD), était significativement plus faible dans le groupe stimulation à 40 Hz (22,4 % contre 44,9 %, risque relatif non ajusté, 0,57 ; IC à 95 %, 0,33-0,92 ; P = 0,02). Des résultats similaires ont été obtenus avec l'échelle Pediatric Anesthesia Emergence Delirium (14,3 % contre 34,7 %; risque relatif non ajusté, 0,51; IC à 95 %, 0,26-0,91; P = 0,02). Après ajustement pour l'âge, le sexe, l'anxiété préopératoire, la durée de l'anesthésie, la douleur postopératoire et les antécédents de procédures chirurgicales, la stimulation lumineuse à 40 Hz est restée significativement associée à une incidence réduite du délire émergent (risque relatif ajusté, 0,86; IC à 95 %, 0,77-0,95; P = 0,004).

🩺Impact Clinique

Dans cet essai clinique randomisé mené auprès d'enfants subissant une chirurgie de malformation vasculaire, la stimulation lumineuse à 40 Hz a été associée à une incidence plus faible de délire émergent. Ces résultats soutiennent une évaluation plus approfondie de la stimulation sensorielle non pharmacologique pour prévenir le délire émergent pédiatrique.