📌Contexte & Problématique
Les bêta-bloquants périopératoires réduisent la fréquence cardiaque et le risque d'infarctus du myocarde, mais augmentent le risque d'hypotension, de décès et d'accident vasculaire cérébral (AVC). L'ivabradine, un agent sélectif de réduction de la fréquence cardiaque, pourrait prévenir les lésions myocardiques postopératoires non cardiaques (MINS) importantes sur le plan pronostique sans provoquer d'instabilité hémodynamique.
🧪Méthodologie
Dans cet essai multicentrique, à double insu et contrôlé par placebo, des patients âgés de 45 ans ou plus, atteints ou à risque de maladie athéroscléreuse et subissant une chirurgie non cardiaque, ont été randomisés pour recevoir de l'ivabradine (5 mg par voie orale deux fois par jour pendant une durée maximale de 7 jours, en commençant 1 heure avant la chirurgie) ou un placebo. Le critère d'évaluation principal était la survenue de MINS dans les 30 jours suivant la randomisation.
📊Résultats Clés
Les 2101 participants ayant subi une randomisation ont été inclus dans la population en intention de traiter. Des MINS sont survenues chez 178 des 1050 patients (17,0 %) du groupe ivabradine et chez 159 des 1051 patients (15,1 %) du groupe placebo (risque relatif, 1,12 [IC à 95 %, 0,92 à 1,37] ; P = 0,25). Le recrutement a été interrompu lors de l'analyse intermédiaire prédéfinie en raison d'une puissance conditionnelle de 6 %, inférieure à la limite d'inutilité de 20 %. La fréquence cardiaque moyenne peropératoire était inférieure de 3,2 battements par minute dans le groupe ivabradine par rapport au groupe placebo (IC à 95 %, -4,07 à -2,36), sans différence de pression artérielle moyenne peropératoire.
🩺Impact Clinique
Chez les patients subissant une chirurgie non cardiaque, l'ivabradine n'a pas réduit la survenue de MINS.