📌Contexte & Problématique

La stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) est une maladie hépatique progressive dont la prévalence mondiale est en augmentation, étroitement liée au diabète de type 2. Plusieurs agents antidiabétiques sont prometteurs, mais une analyse complète comparant leur efficacité sur les résultats histologiques confirmés par biopsie, y compris les effets dose-dépendants et le rôle médiateur de la perte de poids, reste à explorer.

🧪Méthodologie

Une méta-analyse en réseau (NMA) fréquentiste à effets aléatoires a été menée pour explorer l'efficacité histologique des agents antidiabétiques dans la MASH confirmée par biopsie sans cirrhose. Le critère de jugement principal était l'amélioration de la fibrose (=1 stade) sans aggravation de la stéatohépatite ; le critère de jugement secondaire était la résolution de la MASH sans aggravation de la fibrose. Les agents à base d'incrétines ont été stratifiés en fonction de la dose. Le classement des traitements a utilisé la surface sous la courbe de classement cumulatif (SUCRA). Une méta-régression a étudié l'impact du pourcentage de perte de poids et des covariables de base sur la proportion d'individus atteignant les critères histologiques.

📊Résultats Clés

Les données de cinq essais contrôlés randomisés (ECR) (N = 1667) ont été incluses. Tous les traitements actifs, y compris la Dapagliflozine 10 mg, le Survodutide (2,4 mg/semaine, 4,8-6 mg/semaine), le Tirzépatide (5 mg/semaine, 10-15 mg/semaine) et le Sémaglutide (0,7-1,4 mg/semaine, 2,4 ou 2,8 mg/semaine), ont amélioré la fibrose par rapport au placebo (I2 = 0 %). Pour la résolution de la MASH, les effets dose-dépendants ont entraîné une hétérogénéité significative (I2 = 73 %), le Sémaglutide à faible dose ne montrant aucun bénéfice et la Dapagliflozine montrant des bénéfices dans le sous-groupe F2-F3 uniquement lors de l'analyse de sensibilité. Le Survodutide a présenté le classement le plus élevé (SUCRA = 0,822-0,849), suivi du Tirzépatide (SUCRA = 0,622-0,681) et du Sémaglutide à dose plus élevée (SUCRA = 0,327) pour la résolution de la MASH. La méta-régression utilisant les données de 16 interventions, y compris les bras placebo, a montré que la perte de poids expliquait de manière significative l'hétérogénéité des effets du traitement sur l'amélioration de la fibrose (R2 = 54,26 %) et la résolution de la MASH (R2 = 78,16 %).

🩺Impact Clinique

Les inhibiteurs de SGLT2 et les agents à base d'incrétines ont amélioré la fibrose dans la MASH, la perte de poids étant un médiateur significatif. Cibler plusieurs voies d'incrétines, en particulier celles impliquant les récepteurs du glucagon, pourrait offrir une meilleure résolution de la MASH. Les effets dose-dépendants étaient plus importants pour la résolution de la MASH que pour l'amélioration de la fibrose, ce qui indique des voies anti-fibrotiques potentielles indépendantes de la perte de poids.