📌Contexte & Problématique

La rupture prématurée des membranes (RPM) est un facteur de risque de morbidité infectieuse maternelle et néonatale. L'ampicilline est indiquée chez les patientes dont le statut streptococcique du groupe B est inconnu et présentant une RPM >= 18 heures. Bien que les Enterobacteriaceae résistantes à l'ampicilline contribuent à la morbidité infectieuse maternelle et néonatale, les directives actuelles sur la prophylaxie antibiotique intrapartum ciblent principalement le streptocoque du groupe B et ne couvrent pas adéquatement les Enterobacteriaceae.

🧪Méthodologie

Il s'agit d'un essai contrôlé randomisé mené entre novembre 2022 et mars 2024 dans un hôpital universitaire de niveau tertiaire. Les critères d'inclusion étaient une grossesse singleton à terme >=37 0/7 semaines, une présentation du vertex, un statut streptococcique du groupe B inconnu et une RPM sans travail actif. Les participantes ont été randomisées entre 12 et 18 heures après la RPM pour recevoir de l'ampicilline et de la gentamicine (n=102) ou de l'ampicilline seule (n=102). L'issue principale était la chorioamniotite clinique. Une analyse en intention de traiter a été réalisée.

📊Résultats Clés

Le traitement par ampicilline et gentamicine a été associé à des taux plus faibles de chorioamniotite clinique (1,0 % vs 7,8 %, P=.035), de fièvre intrapartum (8,0 % vs 18,0 %, P=.036) et d'infections péripartum globales (1,0 % vs 9,8 %, P=.005). Le nombre de patientes à traiter pour prévenir un cas de chorioamniotite clinique était de 14,7. Le taux de complications maternelles post-partum composites était également plus faible dans le groupe ampicilline et gentamicine (0 % vs 5,9 %, P=.029). Le traitement par ampicilline et gentamicine a été associé à des taux plus faibles d'issues néonatales indésirables composites (10,8 % vs 21,6 %, P=.036) et de bilans de sepsis (7,8 % vs 17,6 %, P=.036) et à une durée médiane de séjour plus courte en unité de soins intensifs néonatals (3,0 vs 3,5 jours, P=.047). La fréquence des cultures positives d'Enterobacteriaceae dans les prélèvements chorioamniotiques était plus faible après l'administration d'ampicilline et de gentamicine (20 %) qu'avec l'ampicilline seule (51 %, P<.001).

🩺Impact Clinique

Chez les patientes à terme présentant une RPM, la prophylaxie par ampicilline et gentamicine, comparée à l'ampicilline seule, a entraîné des taux plus faibles de chorioamniotite clinique, de complications maternelles post-partum et d'issues néonatales indésirables. Il est temps de reconsidérer le schéma prophylactique antimicrobien en cas de RPM à terme.