📌Contexte & Problématique
La mucosite orale aiguë induite par la radiothérapie (MOAR) est un effet toxique majeur limitant la dose chez les patients atteints de cancer du nasopharynx subissant une radiothérapie. La réduction de la MOAR sévère (grade = 3) par la décolonisation bactérienne (DB) pourrait améliorer la tolérance au traitement et la qualité de vie.
🧪Méthodologie
Il s'agit d'un essai clinique randomisé de phase 3, en ouvert et monocentrique, mené en Chine, qui a inclus des patients atteints de carcinome du nasopharynx (CNP) subissant une chimioradiothérapie définitive entre juillet 2023 et février 2024. Le groupe DB a reçu une pommade nasale à la mupirocine deux fois par jour pendant 3 jours avant la radiothérapie, puis pendant 5 jours consécutifs, suivis d'une pause d'une semaine, répétée tout au long de la radiothérapie. Le groupe SoC (soins standards) a reçu des soins nasaux et buccaux de routine.
📊Résultats Clés
Un total de 176 patients (âge moyen [écart-type], 52,1 [10,1] ans ; 42 femmes [23,9 %]) ont été répartis aléatoirement dans le groupe d'intervention DB (n = 88) ou dans le groupe témoin SoC (n = 88). Dans le groupe DB, une MOAR sévère est survenue chez 20 des 88 patients (22,7 %) contre 42 (47,7 %) dans le groupe SoC (risque relatif, 0,48 ; IC à 95 %, 0,31-0,74 ; P < 0,001). L'évaluation QLQ-H&N43 a montré que la DB réduisait significativement la gravité des symptômes par rapport au SoC pendant la radiothérapie, avec des scores de douleur médians (IQR) plus faibles (25,0 [25,0-50,0] vs 50,0 [25,0-50,0]) et moins de difficultés de déglutition (8,3 [8,3-33,3] vs 33,3 [8,3-33,3]). Les taux de colonisation de S. aureus à la fin de la radiothérapie étaient plus faibles dans le groupe DB que dans le groupe SoC : nasal, 9,4 % (8 sur 85) contre 22,9 % (19 sur 83) et oral, 5,9 % (5 sur 85) contre 20,5 % (17 sur 83).
🩺Impact Clinique
Cet essai clinique randomisé de phase 3 a démontré que la DB avec une pommade nasale à la mupirocine réduisait efficacement la MOAR sévère, améliorait la qualité de vie en atténuant la douleur buccale et les difficultés de déglutition, et réduisait significativement la colonisation nasale et buccale par S. aureus pendant la radiothérapie. Cette approche offre une stratégie rentable pour la gestion de la MOAR.