📌Contexte & Problématique
L'essai Toto Bora a évalué si une cure de 5 jours d'azithromycine réduisait le risque de réhospitalisation ou de décès dans les 6 mois suivant l'hospitalisation chez les enfants kenyans et n'a pas trouvé de bénéfice global. L'hypothèse est que la résistance aux macrolides dans les microbes intestinaux pourrait modifier l'effet de l'azithromycine.
🧪Méthodologie
Des enfants kenyans âgés de 1 à 59 mois ont été recrutés à la sortie de l'hôpital et randomisés pour recevoir de l'azithromycine ou un placebo. L'ADN d'échantillons fécaux et d'isolats d'E. coli a été analysé pour détecter les gènes de résistance aux macrolides courants. Des modèles de régression à risques proportionnels de Cox, incluant des termes d'interaction entre le bras de randomisation et les gènes individuels de résistance aux macrolides, ont été utilisés pour analyser le temps jusqu'à la réhospitalisation ou au décès, avec une correction de Bonferroni appliquée pour tenir compte des comparaisons multiples.
📊Résultats Clés
Parmi les 1 393 enfants testés, 94,7 % avaient au moins un gène de résistance aux macrolides dans leur ADN fécal à la sortie de l'hôpital. Les plus courants étaient mph(A) (68,6 %), suivi de msr(D) (67,3 %) et erm(B) (60,7 %). Mef(A) (23,7 %) était le seul gène de résistance aux macrolides qui modifiait l'effet de l'azithromycine sur la réhospitalisation ou le décès (valeur p d'interaction = 0,008). Chez les enfants sans le gène mef(A), l'azithromycine réduisait le risque de réhospitalisation ou de décès d'un tiers (HR=0,66, IC à 95 % : 0,45-0,99), tandis que chez les enfants avec le gène mef(A), il y avait un risque plus élevé chez ceux randomisés à l'azithromycine (HR=2,72, IC à 95 % : 1,21-6,09).
🩺Impact Clinique
La résistance aux macrolides dans le microbiome intestinal peut influencer l'efficacité de l'azithromycine chez les enfants sortant de l'hôpital.