📌Contexte & Problématique

La Malaisie est l'un des pays d'Asie du Sud-Est les plus touchés par la dengue. Une approche proactive de gestion intégrée des vecteurs (GIV) a été mise en œuvre dans le cadre d'un vaste essai contrôlé randomisé en grappes non aveugle afin de quantifier son efficacité sur l'incidence de la dengue en milieu urbain.

🧪Méthodologie

Un essai contrôlé randomisé en grappes a été mené dans des blocs d'habitation à faible et moyen coût du territoire fédéral de Kuala Lumpur et de Putrajaya, avec des épidémies de dengue récurrentes. Sur les 329 sites éligibles, 139 ont été affectés de manière aléatoire pour recevoir des mesures de GIV (engagement communautaire, pulvérisation résiduelle extérieure ciblée à l'aide de K-Othrine Polyzone et déploiement de dispositifs d'autodissémination ciblant les moustiques larvaires et adultes) et 141 ont reçu des activités de lutte antivectorielle de routine, stratifiées par coût du logement par bloc. Le principal critère d'évaluation était la comparaison de l'incidence de la dengue entre les deux groupes à l'aide des informations fournies par le système national de surveillance électronique de la dengue (e-Dengue). Les activités de lutte antivectorielle de routine se sont poursuivies dans les sites témoins et d'intervention. L'essai a été enregistré rétrospectivement (ISRCTN81915073).

📊Résultats Clés

Entre le 10 février 2020 et le 30 septembre 2022, l'approche GIV a été mise en œuvre dans les 139 sites d'intervention sélectionnés de manière aléatoire. 903 834 personnes (447 149 dans le groupe d'intervention, 456 685 dans le groupe témoin) vivaient dans les zones d'étude. La dengue a été signalée chez 1434 personnes dans le groupe d'intervention (incidence moyenne par 100 personnes-années de 0,16 [écart-type 0,18]) contre 1663 dans le groupe témoin (0,18 [0,19 ; rapport de risque 0,86, IC à 95 % 0,70-1,06 ; p=0,17]). Aucun effet indésirable n'a été signalé.

🩺Impact Clinique

L'étude n'a pas montré d'effet sur le critère d'évaluation principal de l'incidence globale de la dengue. Plusieurs facteurs, tels qu'une diminution substantielle de l'incidence de la dengue pendant la pandémie de COVID-19, pourraient avoir réduit la puissance statistique nécessaire pour détecter des différences significatives entre les deux groupes. Les approches préventives et durables, telles que la GIV, devraient être testées plus avant afin de déterminer si des interventions ciblées pourraient contribuer à limiter le nombre de cas dans les zones de transmission à haut risque.