📌Contexte & Problématique

Environ un quart des patients atteints d'un cancer du côlon localement avancé (pT4) développent une récidive locorégionale, incluant des métastases péritonéales. Cette méta-analyse de données individuelles de patients (IPDMA) vise à évaluer l'efficacité de la chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) adjuvante pour réduire le taux de récidive locorégionale dans la population globale et les sous-groupes de patients à haut risque atteints d'un cancer du côlon localement avancé.

🧪Méthodologie

Une recherche systématique de la littérature a été menée en juillet 2024 pour identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) sur la CHIP adjuvante en plus de la chimiothérapie systémique adjuvante de routine dans le carcinome du côlon localement avancé. Une IPDMA a été réalisée, avec le taux de récidive locorégionale comme critère d'évaluation principal et la survie sans maladie (SSM) et la survie globale (SG) comme critères d'évaluation secondaires.

📊Résultats Clés

La recherche a identifié deux essais (COLOPEC et HIPECT4). Les données individuelles de 386 patients ont été regroupées, dont 189 patients ont reçu une CHIP adjuvante et 197 patients constituaient le groupe témoin. Le suivi médian était de 36 (intervalle interquartile 32-60) mois. Une analyse en intention de traiter modifiée a montré un taux de récidive locorégionale à 36 mois de 16,0 % pour les patients CHIP et de 21,2 % pour les patients témoins (P = 0,295). Les analyses de sous-groupes prédéfinies ont révélé une réduction significative de la récidive locorégionale après CHIP chez les patients atteints de tumeurs du côté droit (HR 0,56 (IC à 95 % 0,48 à 0,67)) (P < 0,001). Aucune différence significative de survie n'a été constatée pour l'ensemble de la population étudiée ; les faibles taux d'événements dans les sous-groupes n'ont pas permis d'analyser la survie.

🩺Impact Clinique

La CHIP adjuvante a réduit significativement le taux de récidive locorégionale dans le cancer du côlon localement avancé du côté droit, mais pas dans l'ensemble de la population étudiée. Des conclusions définitives sur la SSM et la SG nécessitent un suivi plus long.