📌Contexte & Problématique

Les recommandations concernant les chutes pour les individus classés comme 'non à risque' varient de l'absence d'action supplémentaire à l'offre d'éducation et d'exercices. Cependant, il existe peu d'études prospectives analysant le taux de chutes et de blessures dans ce groupe 'non à risque' pour éclairer les recommandations.

🧪Méthodologie

Étude de cohorte prospective menée dans des cliniques de médecine gériatrique auprès de personnes âgées de 65 ans et plus vivant à domicile. La stratification du risque de chute a été réalisée en adaptant l'algorithme Stopping Elderly Accidents, Deaths and Injuries des Centers for Disease Control and Prevention. Les associations entre les strates de risque (dépistés non à risque vs à risque) et les chutes et blessures incidentes ont été estimées à l'aide de ratios de taux d'incidence [ratio de taux d'incidence ajusté (aIRR), modèle de régression de Poisson].

📊Résultats Clés

Sur 403 participants, 64 % des personnes à risque ont chuté pendant le suivi, contre 41,3 % dans le groupe non à risque. Des chutes avec blessures ont été rapportées par 63,2 % du groupe non à risque et par 59,7 % du groupe à risque. Les personnes à risque avaient un taux de chutes plus élevé (aIRR = 3,91, IC à 95 % : 3,30-4,64, P < .001) mais un taux similaire de chutes avec blessures à celui des personnes non à risque (aIRR = 1,26, IC à 95 % : 0,93-1,71 ; P = .11). Les personnes non à risque ayant une vitesse de marche lente (<1 m/s) ont subi des chutes avec blessures à un taux deux fois supérieur (aIRR = 1,83, IC à 95 % : 1,12-3,91, P = .008) à celui de celles n'ayant pas de vitesse de marche lente.

🩺Impact Clinique

Être dépisté comme n'étant pas à risque de chute ne signifie pas l'absence totale de risque. L'évaluation systématique et universelle de la vitesse de marche pourrait identifier les personnes non à risque susceptibles de subir des blessures après une chute et qui pourraient bénéficier d'une prévention primaire.