📌Contexte & Problématique
La maladie de Crohn (MC) est une affection pour laquelle une proportion significative de patients ne répond pas aux thérapies conventionnelles ou biologiques (comme l'infliximab) ou développe des effets indésirables importants. Les anticorps monoclonaux ciblant la sous-unité p40 des interleukines IL-12 et IL-23 (IL-12/23p40), impliquées dans la pathogenèse de la MC, tels que l'ustekinumab et le briakinumab, pourraient constituer une alternative efficace.
🧪Méthodologie
Revue systématique d'essais contrôlés randomisés (ECR) évaluant l'efficacité et la sécurité des anticorps anti-IL-12/23p40 pour le maintien de la rémission dans la MC inactive. Les études ont comparé ces anticorps au placebo ou à un autre comparateur actif. La recherche a été effectuée dans plusieurs bases de données. Le critère de jugement principal était l'échec du maintien de la rémission clinique (indice d'activité de la maladie de Crohn (CDAI) < 150). Les critères secondaires incluaient l'échec du maintien de la réponse clinique, les événements indésirables (EI), les événements indésirables graves (EIG) et les arrêts pour EI. L'analyse a été réalisée en intention de traiter.
📊Résultats Clés
Trois ECR (646 participants) ont été inclus, dont deux sur l'ustekinumab (542 participants) et un sur le briakinumab (104 participants). Pour l'ustekinumab, une administration sous-cutanée (90 mg toutes les 8 ou 12 semaines) était probablement efficace pour maintenir la rémission (Risque Relatif (RR) 0,76, Intervalle de Confiance à 95% (IC 95%) 0,64 à 0,91 à 44 semaines) et la réponse clinique (RR 0,74, IC 95% 0,60 à 0,91 à 44 semaines) par rapport au placebo (preuves de certitude modérée). L'ustekinumab n'a probablement pas augmenté le risque d'EI (RR 0,94, IC 95% 0,87 à 1,03) ou d'EIG (RR 0,74, IC 95% 0,48 à 1,15) par rapport au placebo (preuves de haute et modérée certitude, respectivement). L'effet du briakinumab sur la rémission et la réponse clinique était incertain (preuves de faible certitude). Les EI courants comprenaient les infections, les réactions au site d'injection, l'aggravation de la MC, les douleurs abdominales, les nausées, les arthralgies et les céphalées. Les EIG incluaient des infections graves, des néoplasmes malins et des carcinomes basocellulaires. L'arrêt pour EI était rare, principalement dû à l'aggravation de la MC.
🩺Impact Clinique
Les preuves de certitude modérée suggèrent que l'ustekinumab est probablement efficace et sûr pour le maintien de la rémission et de la réponse clinique chez les personnes atteintes de MC modérée à sévère en rémission. L'effet du briakinumab est incertain. D'autres études sont nécessaires pour déterminer l'efficacité et la sécurité à long terme de l'ustekinumab sous-cutané en entretien, son utilisation en association et sa comparaison avec d'autres agents biologiques. Une étude comparant l'ustekinumab à l'adalimumab est en cours.