📌Contexte & Problématique

L'efficacité de l'aspirine à court terme pour réduire le risque de thromboembolie veineuse (TEV) chez les patients à haut risque est établie, mais l'incertitude demeure quant à l'utilisation prolongée de l'aspirine à faible dose chez les adultes en bonne santé pour la prévention de la TEV.

🧪Méthodologie

Analyse secondaire d'un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, d'une durée de 10 ans (Women's Health Study). L'étude a inclus 39 876 femmes initialement en bonne santé, âgées de 45 ans ou plus, professionnelles de santé aux États-Unis. L'intervention consistait en la prise de 100 mg d'aspirine ou d'un placebo un jour sur deux. Les critères d'évaluation secondaires étaient la TEV documentée (thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire) et la TEV non provoquée (sans chirurgie, traumatisme ou cancer récent). Une sous-population a été analysée pour des polymorphismes génétiques.

📊Résultats Clés

Au cours du suivi, 482 femmes ont présenté une TEV. L'incidence de la TEV était de 1,18 pour 1000 personnes-années dans le groupe aspirine, contre 1,25 dans le groupe placebo (risque relatif 0,95 ; IC 95% 0,79-1,13 ; différence de taux -0,06 ; IC -0,28-0,16). Pour la TEV non provoquée, le risque relatif était de 0,90 (IC 0,70-1,16) et la différence de taux de -0,06 (IC -0,21-0,10). Aucun effet significatif de l'aspirine n'a été observé dans les sous-groupes à risque plus élevé (femmes avec mutation du facteur V Leiden ou prothrombine, ou antécédent de TEV).

🩺Impact Clinique

Ces données suggèrent que le traitement à long terme par aspirine à faible dose a peu d'effet sur la prévention de la thromboembolie veineuse chez les femmes initialement en bonne santé.