📌Contexte & Problématique

La transplantation hépatique est le traitement définitif de l'insuffisance hépatique. Une immunosuppression est administrée post-transplantation pour prévenir le rejet du greffon. L'immunosuppression d'induction, donnée au début, est particulièrement cruciale dans les premiers mois. Il existe une incertitude considérable quant à sa nécessité et à l'efficacité comparée des différents agents immunosuppresseurs d'induction.

🧪Méthodologie

Méta-analyse en réseau d'essais cliniques randomisés (ECR) incluant des adultes subissant une transplantation hépatique. Les recherches ont inclus plusieurs bases de données jusqu'en juillet 2019. Vingt-cinq essais (3271 participants, 8 traitements) ont été inclus. L'analyse a utilisé des méthodes bayésiennes (OpenBUGS) pour calculer les rapports de cotes (OR), les rapports de taux et les rapports de risques (HR) avec des intervalles de crédibilité (CrIs) à 95%. La plupart des essais inclus présentaient un risque élevé de biais, et la certitude globale des preuves était très faible.

📊Résultats Clés

Vingt-cinq essais (3271 participants) ont été inclus. Le suivi variait de 3 à 76 mois (médiane 12 mois). La certitude des preuves était très faible. Pour le régime standard de glucocorticoïdes, la mortalité toutes causes était d'environ 7,4% et l'échec du greffon de 12,2%. Le basiliximab a été associé à une mortalité toutes causes (HR 0,53, CrI à 95% 0,31 à 0,93) et à un échec du greffon (HR 0,44, CrI à 95% 0,28 à 0,70) potentiellement inférieurs par rapport aux glucocorticoïdes, mais ces résultats proviennent d'essais de petite taille et à faible certitude de preuve. Aucune différence n'a été trouvée entre les autres immunosuppresseurs d'induction et les glucocorticoïdes pour la mortalité, l'échec du greffon, ou d'autres événements (effets indésirables graves/totaux, insuffisance rénale, retransplantation, rejet du greffon), mais les CrIs larges n'excluent pas des différences cliniquement importantes. Aucun essai n'a rapporté la qualité de vie liée à la santé.

🩺Impact Clinique

Les preuves, bien que de faible certitude et basées sur des essais à haut risque de biais, suggèrent que le basiliximab pourrait être plus efficace que les glucocorticoïdes seuls pour réduire la mortalité et l'échec du greffon après transplantation hépatique. L'effet des autres agents est incertain. Des essais futurs, mieux conçus (taille d'échantillon adéquate, aveuglement, analyse en intention de traiter) et mesurant des critères de jugement cliniquement pertinents (mortalité, échec du greffon, qualité de vie), sont nécessaires pour clarifier la place des différents immunosuppresseurs d'induction.